Natation

Le lac Dogodogo abrite la célébration de la journée mondiale de la natation 2019

 

Par Thierry Niyungeko

Célébrée en grandes pompes, cette édition de la journée mondiale s’est déroulée, le 22 Septembre 2019, dans ce petit lac situé en province Cibitoke et a vu la participation des nageurs locaux qui se sont joints à ceux de Bujumbura pour une démonstration d’un kilomètre de nage libre.

La natation burundaise était en fête ce dimanche. Tôt le matin, les amateurs de cette discipline sportive se sont rassemblés à l’Entente Sportive de Bujumbura pour effectuer un voyage sportif vers Dogodogo. L’ambiance est festive et les jeunes nageurs transportés en deux bus étaient impatients de retrouver ce beau lac qu’ils n’avaient entendu que dans un des tubes du musicien Kidumu. Sur place, des nageurs de cette localité attendaient les visiteurs pour célébrer ensemble cette journée mondiale. Depuis la route principale menant à Rugombo, les invités se sont alignés sur la rue menant vers le lac munis des banderoles pour un défilé de cette occasion. De personnalités comme l’honorable Jean-Jacques Nyenimigabo, fondateur de la fédération, des administratifs de cette localité, des parents et les responsables de la FBN ont fait le déplacement pour la célébration de cette événement.

Une recommandation de la Fina

Pour Cassien Basogomba, président de la Fédération Burundaise de Natation, la célébration en province Cibitoke est un signe de progression des activités de cette discipline sportive qui comporte plusieurs épreuves. Sur le plan mondial, indique-t-il, la Fédération Internationale de Natation (Fina) recommande de célébrer cette journée chaque année dans de l’eau courante sur des surfaces libres, en dehors des piscines comme sur des lacs, fleuves et rivières. « La plus value est qu’il y aura des épreuves qui se tiendront sur ces endroits en plus de celles qui se tenaient dans des piscines et qui continueront à s’y tenir dans le but d’enrichir l’encadrement de notre discipline sportive », trouve-t-il.

Une journée spéciale pour les nageurs

Selon Belly Crésus Ganira, jeune champion qui participe aux rendez-vous internationaux, c’est une occasion à ne pas manquer. « C’est une journée spéciale pour moi, vue que la natation est ma passion, l’eau a toujours été mon meilleur ami donc je suis très content de la célébrer », déclare-t-il. Vainqueur de l’épreuve d’exhibition pour cette journée, ce n’est pas la performance qui l’a marqué mais la présence de personnes de la localité de Dogodogo aussi âgées que son père qui ont pu parcourir toute distance sans abandonner.

Carlène Kezimana, jeune nageuse de 16 ans était également de la partie. Formée au club ENAFIT de Bujumbura, la jeune demoiselle trouve cette sortie motivante pour ses camarades qui se sont retrouvées pour festoyer, pas en compétition où souvent il y a parfois une certaine rivalité. Initiée depuis 7 ans, elle a déjà participé à quatre compétitions sous-régionales au niveau de la zone V. Elle trouve du potentiel chez les filles de l’intérieur du pays qui, malgré qu’ils soient moins nombreuses manifestent de l’engouement d’apprendre.

Mechak Ntakarutimana originaire des environs de Dogodogo salue les organisateurs de cette journée qui l’ont tenu chez lui, ce qui lui permet de vivre une inoubliable expérience. Premier parmi les nageurs de la province Cibitoke, le jeune homme de 15 ans confie avoir tellement admiré le niveau des citadins. N’ayant jamais eu de coach, il lance un appel aux responsables de la fédération de mettre en place une structure d’encadrement des amateurs de l’intérieur du pays pour les encourager dans la natation. « Des techniques comme la manière de respirer dans l’eau me font défaut et j’aimerais les apprendre », lâche-t-il.

L’origine de Dogodogo

A quelques kilomètres du chef lieu de la province Cibitoke, une petite merveille s’est créée en plein village. Un certain Dogodogo a eu la surprise de voir un débordement d’eau lorsqu’il creusait sa latrine, en 1961. Une importante quantité d’eau a fait surface inondant la localité et contraignant les habitants à vider les lieux pour laisser place à l’actuel magnifique lac qui porte le nom de l’ancien propriétaire. Pour le moment, Herman Ndayisaba, un homme d’affaire entretient les lieux où il dispose d’un projet de revalorisation de ce don de la nature dans le but de rendre Dogodogo beaucoup plus attractif. C’est aussi dans l’optique d’appuyer cette initiative que la Fédération Burundaise de Natation a organisé la célébration de cette journée sur ce lac regorgeant d’eau propre parce qu’aucun déchet industriel ou de ménage n’y a jamais été versé, assure M. Ndayisaba avec fierté.

Pour la prochaine édition, la fédération burundaise de natation compte l’organiser dans un autre lac du pays afin de vulgariser cette discipline sportive dans divers coins du Burundi.