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Une année après la formation de 50 journalistes des sports du Burundi, le temps est au bilan

Par Fleurette Habonimana

Avec l’appui de l’ambassade de France au Burundi, l’Association des Journalistes des Sports du Burundi, AJSB en sigle, a organisé l’année dernière (2019) une formation sur les fondamentaux du journalisme, le genre et le handisport à l’endroit de 50 journalistes des sports novices dans le métier. Plus de 12 mois viennent de s’écouler, le temps est aux acquis de la formation et au bilan.

Un certain 31 juillet 2019, l’Association des Journalistes des Sports du Burundi (AJSB) lançait une formation à l’endroit des 50 journalistes novices dans le métier issus des médias diversifiés (de Bujumbura-mairie à l’intérieur du pays) dans les enceintes de la Maison de la Presse à Bujumbura.

Une formation qui s’est étendue sur deux mois subdivisée en 3 sessions. Elle était centrée sur les notions des fondamentaux du journalisme, du handisport et du genre. Le tout dans le but d’amener ces journalistes à intégrer surtout le genre et le handisport dans leurs productions médiatiques mais également à se professionnaliser ou encore à renforcer leurs capacités.

Une année après, quel bilan?

Alors qu’une année vient de s’écouler, cinq d’entre eux témoignent par rapport aux attentes et aux acquis de la formation. Le constant est pareil. Tous les cinq journalistes interviewés ne cachent pas leur satisfaction quant à l’initiative et l’importance de cette formation. Ils confient que cela les a aidés à corriger certaines erreurs professionnelles qu’ils ignoraient jusque-là.

“Après la formation, je me sens bien outillé pour ne plus commettre des erreurs à mon insu. Une autre chose c’est qu’après la formation, je suis devenu très sensible au traitement des sujets en rapport avec le genre et le handisport. J’ai déjà produit à peu près 3 émissions sur ces thématiques “, indique Alain MUHIRWE, journaliste des sports à Buja FM.

Quant à Dorcas Germaine NZEYIMANA, journaliste des sports à la radio Buja FM, cette formation l’aura permis de passer de communicante à journaliste. “Avant je pouvais faire des dédicaces ou saluer des gens en pleine émission. Mais avec la formation, j’ai compris que cela était à l’encontre des règles du métier. Grâce aux notions apprises lors de la formation, j’ai pu faire une co-production sur le handisport en milieu scolaire”.

“Avant je ne savais pas qu’une information pouvait m’être préjudice. J’ai appris à bien vérifier l’information et son importance avant de la diffuser. Le hic est du côté du handisport. Je n’avais jamais eu l’idée de m’y intéresser”, confie Wilson KWIZERA, journaliste des sports à la Radio Culture. L’un des rares journalistes qui suivent de près le sport féminin au Burundi. C’est le même son de cloche pour Ongwa Léa qui confie qu’avant elle ignorait carrément le handisport.

Pour Pacifique BUKURU, journaliste de la presse écrite à Jimbere Magazine “cette formation m’a été bénéfique parce qu’avant je pouvais prendre partie dans mes articles sur des sujets à controverse. Aujourd’hui, je prends soin à relever tous les détails pour que mon information puisse être bien comprise. Toutefois, j’ai pu produire des articles sur le genre et le handisport après la formation “dit-il.

 Les journalistes sportifs des sports pendant la formation  

Les défis ne manquent pas

Tous les cinq journalistes interviewés évoquent le manque d’équipements et d’accommodation lors des descentes sur terrain pour réaliser des émissions de bonne qualité.

Ils relèvent également un défi lié à l’accessibilité de l’information notamment sur des sujets sensibles ou des sujets difficiles à aborder pour des questions de sécurité. A l’exception de Léa qui relève la déconsidération des femmes/filles évoluant dans le métier du journalisme sportif.

“…Ils ont vraiment amélioré leur façon de travailler…”

Une année après la formation, Liliane NSHIMIRIMANA, présidente de l’AJSB se réjouit du niveau des bénéficiaires. “Il y a une nette amélioration au niveau de la collecte, traitement et diffusion des informations sportives. Ils ont vraiment amélioré leur façon de travailler. Cela s’observe à travers leurs émissions et les articles rédigés sur le sport. On remarque aussi une forte collaboration entre eux. Quand il s’agit d’une information douteuse, ils échangent et débattent sur ça. Ce qui n’était pas le cas auparavant”, constate Madame NSHIMIRIMANA.

Alors que l’information sportive est souvent bradée dans les médias, Madame Liliane interpelle aux responsables des médias d’accorder une place de choix au sport.

                                                                       Mme Liliane Nshimirimana,Présidente de l’AJSB

Signalons que c’était pour la première fois que les journalistes des sports bénéficiaient une formation sur des thématiques en rapport avec leur métier.