Basketball

« L’idée est de créer une pépinière pour l’équipe nationale sur les 5 prochaines années en développant des jeunes talents qu’il faut »

Par Thierry Niyungeko

Fondée au Canada, l’académie de Basketball Phase 1 compte mettre en place une école du ballon orange à Bujumbura. La belle annonce a été faite par notre compatriote Patrick Bizindavyi qui nous en fait le point dans cette interview.

TN : La création d’une école de Basketball demande beaucoup de moyens. Comment est-ce que vous comptez l’appuyer après sa mise en place ?

PB : L’académie de Basketball du Coach Wayne Dawkins s’appelle Phase 1. Comme il est lui-même venu créer une école qui porte cette appellation, c’est qu’il va donc mettre les moyens qu’il faut pour appuyer ces jeunes en termes d’équipements (chaussures, maillots, etc) et tout ce qui est rafraîchissement et nutrition. Il veut vraiment appuyer ces jeunes et leurs entraîneurs pour qu’ils puissent travailler avec les moyens qu’il faut. Je dois ajouter qu’on est en contact avec des opérateurs économiques locaux notamment la Brarudi, Kinju, Bicor, Hope Fund et d’autres qui viennent nous appuyer parce que la formation des athlètes demande beaucoup. Avec les moyens qui viennent de l’extérieur ajoutés aux moyens locaux, nous allons tous ensemble améliorer le niveau et la qualité du Basketball national.

Peut-on savoir la motivation derrière l’organisation de ce camp d’entraînement au Basketball ?

Ce camp est la deuxième édition après celui que nous avons organisé en 2019 en collaboration avec la Fédération de Basketball du Burundi sous la conduite de l’expert Eugène Pehoua Pelema. L’idée est de travailler à long terme. C’est de pouvoir amener des experts qui vont former des entraîneurs et les joueurs à être performants. En collaboration avec la fédération on a choisi des jeunes joueurs de 14 à 16 ans que nous allons former pendant 5 prochaines années. Les experts que nous avons amenés sont dans le Basketball depuis plus de 25 ans et le Coach principal a joué dans des compétitions internationales. Il a disputé des championnats interuniversitaires aux USA et a créé un centre de formation qui a formé le plus grand nombre de Canadiens qui évoluent dans la NBA. Il est venu au Burundi pour former les entraîneurs et les jeunes joueurs pour avoir des équipes performantes et les amener à livrer des compétitions internationales de plus haut niveau avec des équipes des Caraïbes, du Canada et des Etats Unis.

Comment avez-vous trouvé le niveau du Basketball au Burundi ?

Hier, nous avons amené la délégation à assister au match d’Urunani et Muzinga sur le terrain Toyota juste pour qu’ils puissent voir. L’analyse qu’ils ont faite est qu’il y a de bons joueurs qui sautent très bien mais qui manquent des fondamentaux au niveau des tirs et des mouvements. C’est pour cela qu’il veut travailler avec les plus jeunes parce que c’est plus facile d’apprendre les fondamentaux aux enfants pour qu’ils grandissent avec des bases solides. Le niveau est bon mais c’est surtout les talents qui sont excellents, en témoigne les sessions que nous venons de passer qui ont étonné l’expert, les enfants ont du talent qu’il faut mesurer et améliorer progressivement. Il a d’ailleurs développé un logiciel d’analyse des données Il va recueillir beaucoup de données avec les joueurs qui sont ici pour voir où ils en sont et quelles sont leurs mesures pour pouvoir les améliorer.

Quelles sont vos attentes en formant des enfants dès le bas âge ?

Elles sont bonnes puisque notre idée est vraiment de former des jeunes et c’est pour cela qu’il a voulu les moins de 16 ans. A partir de cet âge, même si ils iront évoluer à l’étranger, il sera plus facile de les faire venir jouer pour l’équipe nationale du Burundi. S’ils sont enregistrés à l’âge de 16 ans et moins, il y aura aucun autre pays qui viendra les prendre parce qu’ils sont Burundais. L’idée est de créer une pépinière pour l’équipe nationale sur les 5 prochaines années en développant des talents qu’il faut. Maintenant dans la première division américaine au niveau universitaire on a un seul Burundais Stéphane Ingo mais lui a grandi au Canada et pourrait faire le choix de jouer pour l’équipe nationale du Canada. Si on prend donc un Burundais formé ici, même quand il ira poursuivre sa carrière aux universités américaines, il reviendra jouer en faveur de sa patrie d’origine, le Burundi. A long terme, le projet est de développer les talents des jeunes joueurs et investir ensuite dans les infrastructures. C’est très important de disposer de bons terrains et stades pour qu’on puisse importer des compétitions ici chez nous. Ce sera très bénéfique d’abriter une compétition africaine au Burundi mais tant qu’on n’a pas d’infrastructures de bonne qualité ce sera difficile. C’est un projet à long terme mais on est très déterminés d’y arriver et d’ici 5 ans il y aura une grande différence.

Quelle sera la plus-value de ce projet pour les jeunes qui vont suivre ce programme ?

Si je peux être un peu égoïste, j’attesterai que le Basket m’a tout donné. J’ai commencé à jouer au Basketball ici sur ce terrain du Parquet. Bien que je n’aie pas fait une carrière professionnelle, le Basket m’a ouvert des portes jusqu’à ce que j’arrive à faire des entrevues avec des stars de la NBA. Pour moi, c’est de regarder d’où je suis venu et de prendre des jeunes en main en leur disant « Le Basketball, c’est une clé qui ouvre des portes, si vous travaillez dur, il pourra vous ouvrir des horizons pour réussir votre vie ».